Retombées presse – Cie du Théâtre du Rivage – Festival 2018

A la renverse 

http://toutelaculture.com/spectacles/theatre/avignon-off-a-renverse-parvis-davignon/

 

 

 

AVIGNON OFF : « A LA RENVERSE » AU PARVIS D’AVIGNON

 

David Rofé-Sarfati

 

A la renverse de Karin SERRES, c’est l’histoire d’une fille et d’un garçon qui se retrouvent sur un banc bleu du Finistère, face à l’océan immense, dans un ailleurs hors des possibles. C’est à voir au OFF dans un dispositif scénique singulier. 

Au milieu de la belle salle-cathédrale du Parvis d’Avignon, un plateau réduit à une allée de moins de 1,20 m de largeur équipée de quelques éléments de décor et des cintres. Au bout de cette allée, au centre d’un dispositif en double frontal (deux gradins de part et d’autre), deux ados assis sur un banc. À ce dispositif audacieux et innovant s’ajoute un régisseur truqueur à la vue des spectateurs, figurant à l’intérieur mais devenu hors champ le garant de l’histoire.

Sardine et Gabriel, sous une lueur pâle qui sera conservée tout au long de la pièce, sur ce ponton désert ont des choses à se dire, de leur vie et de leur intime respectifs. Elle, regard planté vers l’horizon, rêve des Amériques, tandis que lui rêve de rester là, au bord des vagues qui vont et viennent, face à toute la beauté du monde.

Dans la pénombre nous voyageons avec les personnages entre imagination et réalité au sein d’un texte au caractère fantastique soutenu par une imagination enfantine. Ils parleront, s’apostropheront, danseront le flamenco, chanteront du rock. Notre curiosité ne sera jamais en reste, on rira aussi parfois. La réalisation est admirable avec une bande-son efficace, une production de lumière fine, fortifiées par une interprétation engagée des deux comédiens.

Mathilde Panis est une découverte, elle est une magnifique comédienne chanteuse danseuse, elle incarne cette adolescente presque femme qui sait alterner l’enthousiasme rêveur infantile et la clairvoyance optimiste du volontarisme de son personnage.

L’histoire est un parcours, une exploration littéraire de la rencontre de deux êtres qui s’aiment et qui se séparent. La séparation de ces deux êtres est ici une attente, un voyage intersidéral, une succession de faux espoirs, de fausses croyances et de superstitions. Le geste théâtral captivant est cadencé par la même question:  à quoi tu penses ? Aux enfants que nous n’aurons jamais. Ou, avant que le rideau se baisse, une dernière fois :  à quoi tu penses ? A l’autre côté…

Une pièce romantique mais lucide et littéraire dans un édifiant dispositif scénique.

 

À LA RENVERSE
Texte Karin SERRES
au Parvis d’Avignon à 11h.

Durée 1h15

Le Figaro – Maelström

 

Le off est une foire, certes, où les compagnies peuvent laisser des plumes. Mais le public est au rendez-vous, curieux, fervent, souvent très connaisseur. Parmi les nombreux spectacles que nous avons vus, voici les meilleurs.

Maelström

Un dispositif un peu sophistiqué, avec écoute par l’intermédiaire d’un casque et espace de verre mobile, pour ce texte de Fabrice Melquiot inspiré de la vie d’une adolescente sourde. Une mise en scène de Pascale Daniel-Lacombe et l’affirmation d’une jeune interprète douée, Marion Lambert.

 

Le Parvis, à 15  heures. Tél.: 06 63 68 33 60.

La Provence – Maelström (colossal coup de coeur !)

Par Alain Pécoult

Quand une pièce est à ce point un succès, on ne sait s’il faut en attribuer le mérite à l’actrice, Marion Lambert, l’auteur, Fabrice Melquiot, ou la metteuse en scène, Pascale Daniel-Lacombe.Maelström c’est le monologue d’une jeune fille de 14 ans, sourde de naissance, appareillée d’implants cochléaires à 3 ans, une ado comme les autres, isolée par sa différence. A priori, rien là de très excitant.C’est compter sans Marion Lambert (mettez vous ce nom dans la tête !) dont l’interprétation est toute de fureur rentrée, de douleur muette, de vigueur adolescente et de fragilité.C’est compter sans l’écriture de Philippe Melquiot, directe, sans fioritures, et délicate, un direct au plexus.Et c’est sans compter la mise en scène de Pascale Daniel-Lacombe. Le spectateur suit la pièce casque sur la tête, pour entendre ce qu’entend une personne appareillée. Le collège, la maison la rue sont un lieu unique, sorte d’abri bus en bordure de lignes de tram où sont des praticables. Véra est le plus souvent derrière une vitre que son haleine trouble par instants. Elle a des rêves d’ado qui lui sont interdits, elle est révoltée par cette injustice, blessée. Et on y croit ! C’est si rare que l’on croie aux ados de théâtre !Le cas particulier de Véra, 14 ans, suffirait à émouvoir, mais le spectacle est si puissant que l’on ne peut pas ne pas voir à travers elle tous les handicapés de la vie, tous ceux qui sont différents, quelle que soit leur différence. C’est bouleversant et on en sort grandi.

Maelström, du 6 au 24 juillet à 15h, sauf 9, 16 & 23 juillet, au Parvis d’Avignon 33 rue Paul Saïn, tarifs: 18€, 12,5€ & 5€, info et réservations : 0663683360, www.parvis-avignon.fr

 

Le théâtre côté coeur

https://le-theatre-cote-coeur.blogspot.com/2018/07/maelstrom-avignon-off-2018.html