Scena Madre

  • Suites de scènes de la vie. Successions de quotidiennetés et d’insolites. Sur un plateau presque vide, une rue apparaît, puis un naufrage, puis une cafèt’ d’entreprise ou encore… Quel lien unit ces fragments ? Quels rapports trouverons-nous entre ces situations ? La chorégraphe italienne Ambra Senatore cultive la surprise et nous parle des décalages et de l’humour qui prennent le pas sur le réel mais aussi du mouvement qui se poétise quand le langage peine à dire. S’il est difficile d’affirmer quand une action commence et quand une scène finit, c’est bien que l’écriture chorégraphique cherche du côté de la fluidité et du passage. Strates de sens, couches de dialogues et accumulations de gestes se superposent pour finir par un éclatement. Il s’agit d’une succession de trop pleins et de silences qui naissent tous d’une même matrice : la scène-mère. Écrite « comme un rébus ou même une intrigue », cette pièce est fondatrice dans le nattage de liens inextricables entre les êtres et les situations. Scena madre* est avant tout le moment premier des commencements où les débuts peuvent paraître identiques mais d’où il faut sortir, d’où il faut choisir, d’où il faut tester pour s’échapper. Autant ouvrir grand pour mieux se projeter…

     

    Ambra Senatore
    Chorégraphe et performeuse italienne, Ambra Senatore est directrice du Centre chorégraphique national de Nantes depuis janvier 2016. Dans son travail, le quotidien – observé à la loupe – travaille et se décale jusqu’à ce que le geste se « fictionalise » et la dramaturgie de la danse se « théâtralise ». Au centre, si le mouvement et le corps interrogent les cadres et les limites de la narration, ils se font aussi abstraits et fondus pour jouer des disciplines et contraindre les genres assignés. Aimant les surprises et les troisième voix, Ambra Senatore re-compose le réel et l’imaginaire du danseur comme du spectateur et aime à parler septième art où cadrage, détails et séquençage deviennent des outils de travail. Après avoir créé des soli, EDA-solo, Merce, Maglie ou encore Altro piccolo progetto domestico, Ambra Senatore compose des pièces de groupe pour parler du collectif et pour tisser des liens entre les êtres et les corps qui habitent son plateau : Passo (2010), A Posto (2011), John (2012), Aringa Rossa (2014) et plus récemment Quante Storie, Pièces (2016). Ambra Senatore est invitée pour la première fois au Festival d’Avignon.